La France met fin à l’accord migratoire avec le Royaume-Uni après des résultats jugés insuffisants

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1er novembre 2026- La coopération migratoire entre la France et le Royaume-Uni connaît un nouveau tournant. Paris a décidé de mettre fin à l’accord expérimental « One in, One out », mis en place en juillet 2025 pour limiter les traversées irrégulières de la Manche à bord de petites embarcations.

Ce dispositif, qui arrivait officiellement à échéance le 1er octobre 2026, avait pour objectif d’organiser un échange entre les deux pays. Pour chaque migrant renvoyé en France après être arrivé illégalement au Royaume-Uni par bateau, les autorités britanniques devaient accueillir un demandeur d’asile sélectionné depuis le territoire français par une procédure légale.

Après plus d’un an d’expérimentation, les autorités françaises estiment que les résultats obtenus ne correspondent pas aux attentes initiales.

Un accord destiné à réduire les traversées de la Manche

L’accord avait été conclu en juillet 2025 dans un contexte de forte augmentation des traversées irrégulières entre les côtes françaises et britanniques.

Son principe reposait sur une coopération réciproque : Londres pouvait renvoyer vers la France certaines personnes arrivées par petites embarcations, tandis que le Royaume-Uni acceptait parallèlement des demandeurs d’asile remplissant les conditions d’une admission légale.

Les autorités britanniques espéraient que cette politique découragerait les personnes envisageant de rejoindre le territoire britannique en passant par la Manche.

Pour Paris, il s’agissait également de renforcer la coopération avec Londres dans la lutte contre les réseaux de passeurs et les activités liées à l’immigration clandestine.

Des résultats inférieurs aux attentes

Malgré les objectifs affichés, le dispositif n’a pas permis de mettre fin aux traversées irrégulières.

En 2025, près de 50 000 personnes ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni à bord de petites embarcations. Au cours des sept premiers mois de 2026, près de 17 000 nouvelles traversées ont également été enregistrées.

Du côté britannique, environ 1 400 personnes avaient été renvoyées en France dans le cadre de l’accord à la mi-septembre.

Ces chiffres ont alimenté les interrogations sur l’efficacité réelle du mécanisme. Les autorités françaises considèrent notamment que le dispositif ne peut pas constituer, à lui seul, une réponse durable à un phénomène migratoire aussi complexe.

Un dispositif particulièrement coûteux

Le coût financier de cette coopération a également suscité des critiques.

Selon les informations présentées devant le Parlement britannique par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, chaque retour vers la France représentait en moyenne une dépense d’environ 56 000 livres sterling, soit près de 65 000 euros.

Ce montant a relancé le débat sur l’utilisation des fonds publics et sur l’efficacité des politiques de contrôle migratoire.

Pour plusieurs organisations de défense des droits des migrants, le dispositif posait également des questions humanitaires et juridiques. Elles estimaient que les personnes concernées ne devaient pas être considérées comme de simples éléments d’un échange administratif entre deux gouvernements.

Paris souhaite une coopération européenne plus large

La France considère qu’elle ne peut pas assumer seule la responsabilité du contrôle migratoire à la frontière britannique.

Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a notamment défendu l’idée d’une coopération plus large entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

Selon cette approche, la gestion des flux migratoires devrait faire l’objet d’un accord impliquant plusieurs partenaires européens plutôt que de reposer uniquement sur une relation bilatérale entre Paris et Londres.

Cette position reflète également les difficultés rencontrées depuis le Brexit, qui a profondément modifié les relations entre le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne.

Londres face à de nouvelles difficultés migratoires

La fin de l’accord représente un défi supplémentaire pour le gouvernement britannique, qui cherche depuis plusieurs années à réduire les arrivées irrégulières par la Manche.

Les traversées en petites embarcations restent une question politique sensible au Royaume-Uni. Elles alimentent régulièrement les débats sur la sécurité des frontières, la politique d’asile et la gestion des demandeurs de protection internationale.

La disparition du mécanisme d’échange oblige désormais les deux pays à réfléchir à de nouvelles formes de coopération.

Quel avenir pour les relations migratoires entre les deux pays ?

La fin de l’accord « One in, One out » ne signifie pas la fin de la coopération entre la France et le Royaume-Uni en matière de sécurité frontalière.

Les deux gouvernements restent confrontés à un objectif commun : lutter contre les réseaux de passeurs et limiter les traversées dangereuses de la Manche.

Cependant, l’expérience de cet accord montre les limites des solutions reposant uniquement sur les renvois et les échanges de personnes.

La prochaine étape dépendra de la capacité des autorités françaises, britanniques et européennes à élaborer une politique migratoire plus coordonnée, respectueuse des obligations internationales et capable de répondre durablement aux enjeux humanitaires et sécuritaires.

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